Le syndrome prémenstruel

C’est un sujet inhabituel pour ce blog que j’aborde aujourd’hui, et je me suis longuement demandé s’il y avait sa place. En y réfléchissant, je me suis dit que c’est une expérience que toutes les femmes sont susceptibles de vivre, et qu’au-delà de dire que les femmes se sentent moins bien avant leurs règles, on trouve finalement assez peu de témoignages permettant de banaliser cela. En demandant à mon fidèle ami Google, celui qui suit ma trace partout, j’ai trouvé des témoignages utiles, mais quelques peu extrêmes, nécessitant une prise en charge médicamenteuse, qui ne correspondaient pas à ce que je vivais. Or il me semble que si j’avais été mieux informée, je m’en serais rendue compte plus tôt et j’aurais alors pu chercher des solutions pour me soulager.

En effet, quand on entend parler des femmes et de leur cycle menstruel, c’est souvent sous un angle qui se veut humoristique : une femme serait de mauvaise humeur juste avant ses règles et il ne faudrait non seulement rien lui demander, mais faire tout ce qu’elle demande de surcroît. Sauf que je n’avais pas l’impression d’être plus irritable, dépressive, stressée ou d’avoir des envies plus irrationnelles que d’habitude. Bien entendu, étant asexuelle, je ne percevais aucun changement dans ma libido. Je n’avais pas non plus de douleurs dans le bas du dos ou de maux de tête. Pour tout dire, si on me l’avait demandé à la même époque il y a deux ans, j’aurais dit que je n’étais pas atteinte par un syndrome prémenstruel.

Sauf que si. Et comment je m’en suis aperçue ? Ce serait une longue histoire à raconter. Disons que jusque fin 2017, pour différentes raisons qui s’empilaient en mille-feuille, je me serais décrite comme quelqu’un de généralement anxieux, à forte tendance dépressive, toujours fatigué et ayant perdu sa joie de vivre quelque part entre la fin de ses études et son premier emploi. J’utilisais aussi régulièrement la nourriture pour gérer mes émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Donc rétrospectivement, dans cette vie relativement terne je m’en rends compte maintenant, les variations liées à mon cycle menstruel passaient sous le radar je dirais. Puis est venu le mois de décembre 2017, celui où j’ai mis le mot asexualité sur mon identité sexuelle et où j’ai décidé de sortir pour de bon de cet état de déprime latente. Je savais que j’en étais capable, grâce à ces bulles enchantées et merveilleuses de bonheur, malheureusement toujours trop courtes, j’ai nommé les voyages. J’ai alors mis en place mes trois piliers pour une bonne hygiène de vie.

Lesquels ? Aucune révolution là-dedans. Au moins 8h30 de sommeil par nuit (je suis une bonne dormeuse !), une alimentation nourrissante couplée à une hydratation suffisante et un exercice physique régulier. Oui, je sais, c’était évident, ce sont les recommandations de base, celles que tout parent s’évertue à mettre en œuvre pour ses enfants. Et c’est tout bête à dire, mais une fois que ces piliers ont été mis en place, au bout d’un peu plus d’un trimestre, mon humeur s’est améliorée de façon radicale, j’ai retrouvé mon entrain et la personnalité que je pensais avoir perdue en devenant adulte. Tout allait donc pour le mieux dans mon meilleur des mondes possibles. Sauf quelques jours par mois, où j’avais de nouveau des pensées négatives, des envies de manger sucré et un sentiment de moins bien général.

Et le croirez-vous, mais j’ai mis encore bien un trimestre avant de faire le lien entre ces jours de moins bien et mes règles qui arrivaient environ 2 jours après. Je ne sais pas moi-même pourquoi ça m’a pris autant de temps, si ce n’est que ce dont j’avais surtout conscience, c’est du soulagement ressenti lorsque ce nuage noir au-dessus de ma tête s’en allait. Vous savez, comme ces jours-ci de novembre où au milieu de toutes ces journées grises, des rares rayons de soleil apparaissent et alors, on comprend comment la grisaille pèse sur le moral. Et puis, pour moi, ces jours-là, de mois en mois, il y avait aussi l’angoisse que les derniers mois n’aient été qu’une embellie, une parenthèse bienheureuse et que je redevienne celle que j’étais avant décembre 2017.

Et le croirez-vous, mais j’ai mis encore 9 mois avant de chercher une solution pour sinon supprimer, mais au moins diminuer les symptômes de ce syndrome prémenstruel. Et là, bien sûr, les sources sur Internet sont nombreuses. J’avais déjà une bonne hygiène de vie, donc les recommandations sur la nourriture, le sommeil et l’exercice physique ne m’ont pas été très utiles à ce moment-là. J’en aurais eu connaissance quelques années plus tôt qu’elles m’auraient aidée beaucoup plus. En revanche, les recommandations concernant l’augmentation des apports en calcium et en magnésium ont plus retenu mon attention. En effet, étant atteinte d’un léger syndrome des jambes sans repos, j’avais remarqué que ce dernier était également accentué pendant cette période. Comment j’ai augmenté mes apports en calcium et en magnésium ? En buvant  un litre d’eau minérale Hépar par jour une semaine avant mes règles. Simple et peu coûteux pour qui, comme moi, réside à Paris.

Cela fait cinq cycles maintenant, et si c’est peut-être prématuré de tirer un bilan définitif, je constate des résultats positifs. J’ai toujours le nuage qui s’installe au-dessus de ma tête, mais maintenant, grâce à un suivi de mes cycles (j’utilise l’application Clue), je peux anticiper son arrivée, savoir d’où viennent les pensées négatives, les reconnaître pour ce qu’elles sont et par la suite les ignorer. A cette fin, 10 minutes de méditation quotidiennes m’aident à les mettre à distance au lieu de les laisser m’obséder. Mes envies de manger spécifiquement sucré vont et viennent de mois en mois, cependant, elles sont passées du niveau de la compulsion au niveau de suggestions. Et surtout, je sais que le malaise n’est que passager, qu’il ne durera pas. Et au-delà de la diminution des symptômes, c’est cette prise de conscience qui pour moi fait toute la différence. Enfin, ça et la double ration de chocolat noir à 90% d’une grande marque suisse. Parce qu’il est riche en magnésium, bien évidemment.

Tout cet article pour dire que le syndrome prémenstruel n’a pas besoin d’être intense pour être présent, et que même si on n’a pas conscience d’en ressentir les symptômes les plus connus, cela ne veut pas dire qu’il n’agit pas. L’observation de soi, de son humeur, de son niveau d’énergie et de ses habitudes est souvent, pour ne pas dire toujours, utile. Ensuite, même si c’est difficile et complexe à mettre en place dans nos vies au quotidien, l’hygiène de vie (sommeil, alimentation/hydratation et exercice physique) est primordiale pour la santé physique et le bien-être mental. Enfin, les choses les plus simples produisent parfois des résultats surprenants. Dans mon cas, un pack d’Hépar et une tablette de chocolat ont transformé une semaine de tempêtes en hiver en une semaine d’automne sans pluie. Donc ne pas hésiter à essayer, il y a peu à perdre et tout à gagner.

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2 commentaires

  1. Wahoo, quel plaisir de lire un tel article ! Je me sens moins seule, moins « cas à part ». Ton blog me fait sentir moins seule, en tout point ! J’ai eu aussi beaucoup de mal à faire le lien entre mes menstruations et ses pensées noires qui reviennent sans cesse. Je ne saurais pas trop comment, mais un jour j’ai fait le lien, et ça c’est vérifiée par la suite. Durant mes règles, je suis réellement déprimée. Maintenant que j’y mets une raison dessus, je donnes moi de d’importance à ces sentiments, mais je ne savais pas qu’il pouvait exister des méthodes pour limiter les symptômes. Je trouverais ça formidable si ça marcherait pour moi. Alors let’s go, je vais acheter de l’Hepar !!😉

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