Les bonnes résolutions et mon asexualité

J’espère que tout se passe pour le mieux pour vous en cette période de fêtes, quelles que soient les occasions que vous célébrez. C’est peut-être mon biais de minoritaire, mais je pense particulièrement à tous ceux qui ne fêtent pas Noël, fête religieuse à la base, par conviction ou simplement parce que ça ne fait pas partie de leur culture, et qui doivent tout de même subir le matraquage médiatique pendant des mois. Ou alors ceux qui comme moi, parlent des fêtes sans se sentir personnellement concernés. Sauf pour les cadeaux bien entendu, j’adore les cadeaux, plaisir d’offrir, joie de recevoir et tout ça ! Mais je les considère surtout comme un geste particulier de l’amour que j’éprouve pour les miens et la fin de l’année est propice à ces gestes de reconnaissance je pense.

Et vous connaissez évidemment tous le marronnier du début de l’année, j’ai nommé les bonnes résolutions. Parce que ça ne rime à rien d’en prendre de mauvaise, cela va de soi. J’avouerai faire plus que me plier à l’exercice, je m’en délecte. Je suis quelqu’un qui vit beaucoup dans le futur et a besoin de faire des projets pour se motiver à agir dans le présent. Donc pour moi, je parlerais plutôt de projets, de décisions et d’objectifs que de bonnes résolutions. Et je m’y mets dès le début de décembre où je me penche sur mes projets de l’an dernier, je vais un bilan, je prends du recul, j’en tire des leçons. Et je me propose d’autres projets pour la nouvelle année. Ou, comme cette année en l’occurrence, je me propose des objectifs plus réalistes pour continuer à réaliser les projets de l’an dernier. Ce n’est pas que je n’ai pas avancé, c’est que je m’étais fixé des échéances qui n’étaient pas réalistes en regard de l’ampleur des projets en question.

Mais bref, ce n’est pas le sujet de l’article, alors venons-en au fait. Savez-vous quelles sont les résolutions les plus courantes en France ? Si j’en crois notre moteur de recherche favori, il s’agit de perdre du poids, de manger plus sainement, et de faire plus de sport. Arrêter de fumer n’est pas loin dans la liste mais perd du terrain. Alors quelqu’un peut-il me dire pourquoi avec les publicités pour les salles de sport et les vendeurs de méthodes qui ne font durablement maigrir que le porte-monnaie, je suis assaillie de publicité pour les sites de rencontre ?

Je l’ai déjà dit sur ce blog, je fais le choix d’être célibataire. Et je pense que ce choix est facilité par mon asexualité. Quoiqu’une amie, très sensuelle et qui fait partie de ceux qui m’ont dit avoir besoin d’une vie sexuelle régulière, m’a récemment dit que vouloir être en couple avait peu de choses à voir avec le sexe, et tout à voir avec le désir d’une présence à ses côtés. Dans son lit, mais pas que. Il est aussi vrai qu’étant asexuelle et hétéro-romantique, j’ai toujours pensé que si l’opportunité se présentait, je me lancerais dans une relation en faisant preuve du même enthousiasme que je mets à vivre pleinement ma vie de célibataire.

Seulement, ça, c’est sur le papier. Car dans la réalité, il y a des obstacles très réels à ce que l’opportunité se présente. Déjà, si je suis hétéro-romantique, dans mon cas personnel, je ne me vois plus avoir de relations sexuelles avec un homme, c’est une limite absolue à toute relation pour moi. Voici que les possibilités se réduisent comme une peau de chagrin ! Si j’admets le pourcentage de personnes asexuelles généralement donné de 1% de la population adulte, soit 0,5% d’hommes (oui, je choisis d’être généreuse en cette fin d’année, j’attends les études qui prouveront qu’il y a plus de femmes que d’hommes parmi les asexuels), il faut de plus prendre en compte les critères géographiques, d’âge et de situation maritale, et ce n’est plus une aiguille dans une meule de foin que le hasard doit mettre sur ma route, c’est une aiguille dans un champ de la Beauce fraîchement moissonné !

Alors je sais bien, trouver une aiguille dans une meule de foin n’est pas si difficile, il suffit juste de disposer d’un aimant puissant. Et c’est là qu’intervient mon objection ultime, je n’ai aucune idée de comment construire l’aimant en question. Je veux dire par là qu’aujourd’hui, je ne sais pas ce que je demanderais à un homme pour que j’aie l’envie qu’il soit une présence à mes côtés. A part, je l’ai déjà dit mais j’aime bien me répéter parfois, de ne pas vouloir que j’aie des relations sexuelles avec lui. Alors là, je vous entends me dire que je parle beaucoup de moi, mais que dans la réalité, je devrai pendre aussi en compte ses envies à lui. Certes, je ne l’oublie pas. Je choisis juste de me concentrer sur ce qui m’est accessible dans l’instant, moi-même.

Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que ma relation s’est terminée, celle qui m’a permis de m’accepter enfin. En tant que femme asexuelle, mais aussi d’accepter que non seulement je peux avoir des exigences dans une relation de couple, mais que c’est sain et indispensable. En effet, et ce entièrement par ma faute, ma maturité émotionnelle était si faible qu’à l’époque, je ne demandais qu’une seule chose à un homme pour m’attacher à lui, qu’il veuille bien s’attacher à moi. Et donc j’étais prête à m’intéresser à lui, à ses passions, à répondre à ses demandes, à être disponible quand il le voulait, à devancer ses besoins même, sans me préoccuper d’obtenir la même chose en retour. Je pense avoir parcouru un peu de chemin depuis. Et si je devais envisager une autre relation, je sais qu’il me faudrait faire preuve de plus de discrimination avant de m’attacher.

Tout le problème est donc là, expliciter ce que je veux et ce que j’attends dans mes relations avec les autres. Oui, en passant, j’ai décidé d’élargir le sujet et de ne pas me limiter qu’à un seul type de relation interpersonnelle, tant qu’à faire. C’est une de mes résolutions pour 2020. Et, comme c’est probable vu ma personnalité, peut-être que cette réflexion ne débouchera pas sur de nouvelles amitiés ou un nouvel amour, mais ce n’est pas bien grave. Car en fait, chaque fois qu’on réfléchit sur sa relation avec les autres, on réfléchit avant tout sur soi. Donc cette bonne résolution revient à poursuivre ce que j’ai entrepris en décembre 2017 et qui fait partie de mon projet de vie, construire et enrichir ma relation à moi-même.

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

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