Vues asexuelles en besoin d’évasion

Plus que jamais, depuis mars, je cherche une façon de m’évader de mon quotidien. J’ai écrit plusieurs articles sur les voyages que j’ai eu la chance d’effectuer. Y repenser et me projeter dans tous ceux que j’ai prévu de faire fait partie intégrante de mon bien-être mental. Depuis le début de la pandémie et ses contraintes sur les déplacements, je souffre, le mot n’est pas trop fort, je souffre de ne pas pouvoir faire de projets de voyages concrets. 

La situation n’est pas désespérée, loin de là et heureusement ! J’ai l’immense privilège de vivre en France d’une part, et que mon salaire me permette de découvrir toute la diversité de paysages que nous offre ce beau pays d’autre part. Je me suis ainsi ouvert quelques fenêtres d’évasion cet été, avec une nette préférence pour la mer. J’adore ces sentiers côtiers que l’on parcourt en laissant son regard se noyer dans les immensités bleues du ciel et de la mer. 

Mais quelques week-ends, quoique grandement appréciables, ne font pas le voyage tant attendu vers les couleurs de l’été indien au Canada. Découverte d’un pays, d’une région, de sa flore, de sa faune, de sa culture … Ouverture au monde et par là, ouverture à soi, car c’est en soi-même que tout commence et tout finit. S’évader pour mieux se retrouver face à soi, en soi et croître. C’est ma perception du voyage. 

Ce désir d’évasion privé de moyens de s’incarner me fait me sentir à l’étroit dans ma vie, alors que c’est très exactement celle que je me suis choisie et qui me comblerait autrement. Je me suis habituée à toujours avoir un projet de voyage, d’évasion du quotidien dans ma tête. Sans ce projet, ce quotidien me semble terne, dénué de sens. Mes autres projets perdent peu à peu leur intérêt, ma motivation est en berne. En fait, je déprime. 

Je réalise la chance énorme que j’ai dans la vie, l’immense privilège de ne pas m’inquiéter pour mes besoins de base, ni même pour un certain superflu. C’est quelque part indécent de me sentir aussi dépourvue alors que j’ai déjà tant, que je vis déjà tant. Mais voilà, cette pandémie dont je ne vois pas la fin, au-delà de l’incertitude qu’elle fait peser sur le quotidien, me bouche mon horizon des possibles. Ma personnalité veut s’exprimer au futur de l’indicatif, la réalité de la pandémie lui rit au nez chaque jour qui passe. 

Du soleil cependant dans le ciel gris et pluvieux de Paris, je reviens à l’instant d’un séjour aux Antilles. J’y ai grandi, et malgré les quelques huit heures d’avion, je ressens souvent le fait d’y aller comme un retour à la maison, loin de l’évasion procurée par d’autres voyages de découverte. Sauf que cette fois-ci, c’est dans le cocon familial et familier, que je me suis de nouveau sentie inspirée, que mes projets ont de nouveau pris du relief et que l’envie d’aller de l’avant m’est revenue. 

J’espère de tout cœur que l’effet sera durable. J’ai des échéances à venir cet automne, des projets en gestation depuis un moment qui arrivent je l’espère à leur concrétisation finale, d’autres qui se lancent et qui réclament de partir du bon pied. Demeure l’espoir de ce privilège ultime, celui de savoir que je repars (quasi) quand je veux dans mon île natale. Quelle chance d’avoir ainsi deux endroits aussi exceptionnels à appeler chez moi ! 

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