L’asexualité, c’est quoi ?

Pour commencer, donnons une définition. Je vais me référer à la ressource la plus connue en la matière, le site d’AVEN, acronyme pour Asexuality  Visibility and Education Network (soit Asexualité, Réseau pour la visibilité et l’éducation). Serait asexuelle une personne qui ne ressent pas d’attraction sexuelle envers autrui. Je mets au conditionnel, car comme toutes les identités sexuelles, il est difficile d’en définir exactement les contours, et je préfère laisser à chacun le soin de nommer la sienne selon ce qui lui paraît le plus juste.

Selon les estimations, l’asexualité concernerait de 1 à environ 8% de la population, au conditionnel là aussi. D’une part, de ce que j’ai pu trouver, les études réalisées sont sur un petit échantillon d’où la marge d’erreur. D’autre part, ces études étant déclaratives, de nombreuses personnes qui pourraient répondre à la définition de l’asexualité répondent autre chose  en raison du manque de visibilité et d’information sur le sujet. Je sais que dans mon cas, à 20 ou même 30 ans, j’aurais coché la mauvaise case.

Et pour bien poser les termes, quand on parle de ressentir de l’attirance sexuelle, il s’agit de l’attirance vers d’autres membres de la même espèce pour réaliser la copulation ou pour des activités érotiques. Alors, est-ce une bonne définition pour décrire ce que ressentent un hétérosexuel, un bisexuel ou un homosexuel face au partenaire de leur choix ? Je suis dans l’incapacité de le dire, puisque je ne l’ai jamais ressenti, et c’est précisément pour ça que je suis asexuelle.

Maintenant que j’ai dit ce qu’était l’asexualité, voyons un peu tout ce que les asexuels ne sont pas.

  • Des personnes anormales à qui ils manquent une case, des handicapés ou des malades mentaux en quelque sorte.

La première fois que j’ai discuté que l’asexualité avec quelqu’un de proche, c’est ce que j’ai ressenti. Que j’étais anormale. Et puis, je me suis interrogée quant à la construction de la norme pour commencer. Mon avis est que les normes sont définies par les comportements moyens de la majorité, qui en décide ainsi, rien que par la force de leur nombre. Ainsi, fut un temps où il n’était pas normal d’être gaucher, et il est encore malheureusement des pays où l’homosexualité est anormale. Ce blog existe justement dans l’espoir de faire rentrer l’asexualité dans la norme, et dans la bienheureuse indifférence qui vient avec.

  • Des gens frustrés qui ne trouvent à coucher avec personne et se rassurent comme ils peuvent.

La frustration, ou plutôt son absence, est une des clés qui m’ont permis de comprendre que je suis asexuelle. En effet,  je n’ai jamais ressenti de frustration liée à l’absence de désir sexuel. Or tous ceux à qui j’ai pu en parler (soyons honnêtes, il s’agit d’une majorité de femmes), m’ont dit que pour eux, avoir une vie sexuelle était important dans leur épanouissement. Eh bien, sans surprise, pour moi, ce n’est pas le cas, ça m’est parfaitement indifférent. Quant au fait de ne pas pouvoir trouver de partenaire sexuel, en fait, j’aurais aimé que ce soit le cas, parce que se retrouver face à quelqu’un qui vous fait des avances alors que vous n’en avez cure n’est pas une expérience agréable, et ça, ce n’est pas spécifique à l’asexualité.

  • Des personnes qui n’ont plus de désir sexuel, mais qui pourraient le faire renaître par divers moyens.

Je ne doute pas que ces personnes existent, puisque apparemment, il ressort de mes lectures sur le sujet que le désir sexuel est quelque chose de fluctuant. Sauf que les asexuels n’ont pas de désir sexuel à faire renaître étant donné qu’ils n’en ont jamais eu.

  • Des personnes qui ont vécu un traumatisme sexuel dans leur enfance ce qui fait qu’ils refoulent le désir sexuel qu’ils ressentent.

De même que précédemment, je ne doute pas que les cas existent, et je ressens de l’empathie envers les personnes qui en souffrent. Et je ressens aussi de la gratitude car ce n’est pas mon cas, et des témoignages d’asexuels que j’ai lus, ce n’était pas non plus le cas. Il me semble que la confusion vient du fait que la sexualité semble si naturelle à la majorité des gens, qu’ils se disent que quelque chose de terrible doit arriver à ceux qui sont différents. Encore une fois, l’asexualité n’est pas un « dysfonctionnement » de l’attirance sexuelle, mais son absence. C’est simple en fait.

  • Des personnes qui refusent d’avoir des relations sexuelles pour diverses raisons qui leur sont propres.

Là, il s’agit d’abstinence. Les abstinents ressentent du désir sexuel, pour un homme, pour une femme, pour les deux. Mais ils choisissent de ne pas aller au-delà, jusqu’à  « la copulation ou des activités érotiques ». Peut-on être abstinent et asexuel ? Par définition, non. En revanche, si une personne qui n’a jamais ressenti d’attirance sexuelle de sa vie se pense abstinente parce que le terme est plus connu et répandu, il pourrait être intéressant pour elle de s’informer sur ce qu’est l’asexualité. Après, comme dit en début d’article, je pense qu’il appartient à chacun de nommer son identité sexuelle.

  • Des personnes coincées du cul, qui ont besoin de se libérer pour apprécier le sexe, et qui n’ont pas encore trouvé le bon partenaire pour cela.

Comment dit-on ? Il n’existe pas de femme frigide, juste des mauvais amants ? Je ne doute pas qu’il existe des personnes qui ressentent de l’attirance sexuelles, ont des relations sexuelles et se heurtent à une absence de plaisir, et je les encourage à poursuivre leur découverte d’elles-mêmes, avec ou sans partenaire, et d’en changer si c’est la source du problème. Mais en ce qui concerne les asexuels, il s’en trouve qui sont en couple, et pour faire plaisir à leur partenaire, ont régulièrement des relations sexuelles, et même, peuvent y prendre du plaisir. Attirance sexuelle et plaisir sexuel sont deux choses différentes, qui ne s’excluent pas l’une l’autre.

  • Des personnes incapables de ressentir du plaisir sexuel

On rejoint le point précédent. Je compléterai en disant que les asexuels sont des personnes physiquement comme tout le monde. Ils ont des pénis, des vagins, des clitoris, des testicules et autres organes érogènes conduisant au plaisir sexuel. J’ai pour ma part découvert la masturbation quand j’avais douze ans. Et oui, il est possible de se masturber soi-même, d’en éprouver du plaisir, et de ne pas ressentir d’envie de le faire avec quelqu’un d’autre, car on ne ressent pas tout simplement pas d’attirance sexuelle.

Donc pour résumer, vous le savez maintenant, un asexuel est une personne qui ne ressent pas d’attirance sexuelle envers autrui. Ni plus, ni moins. Ça ne dit rien de sa vie, de ses expériences passées ou futures, de son comportement, de ses valeurs …

J’espère que cet article vous a été utile, n’hésitez pas à laisser des commentaires !

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