L’asexualité chez les animaux

C’est le début du mois de novembre, et je dois dire que la météo met à rude épreuve ma résolution d’aimer toutes les saisons. Cependant, quel plaisir hier de me blottir dans mon fauteuil, avec une couverture et un bon chocolat chaud épicé ! Mon chat et moi avons dûment apprécié ce moment de détente.

Deux choses m’ont fait penser au sujet de cet article. La première est que dans le Larousse, la seule définition d’un terme ayant à voir de près ou de loin avec l’asexualité, soit « asexué » que l’on peut y trouver concerne la reproduction des animaux. Est-il encore besoin de rappeler l’importance en terme de visibilité pour tout le monde francophone que les mots asexualité et asexuel, -le entrent enfin dans le dictionnaire officiel ? Ce n’est pas le sujet aujourd’hui, mais j’ai le projet de rédiger un article invitant tout le monde à écrire à l’Académie Française pour qu’elle se penche sur le sujet.

Mais je digresse. L’autre chose qui m’a fait penser au sujet de l’asexualité chez les animaux est l’article de Wikipedia de l’asexualité. Bien que l’article reconnaisse que la comparaison entre les espèces animales et les humains est problématique, il cite une étude américaine sur le comportement des moutons dont, nous apprend-il, 2 à 3% des animaux observés ne semblaient pas avoir d’intérêt pour des activités sexuelles avec l’un ou l’autre sexe. Oui, des moutons. Et le sujet de l’étude concernant le rapport entre la concentration en testostérone et les rapports sexuels chez les mâles, les chercheurs n’ont pas trouvé de différence dans les niveaux d’hormones de ceux qu’ils ont classés asexuels. Ils ne précisent pas d’ailleurs s’il s’agissait de mâles ou de femelles.

Je m’étonne cependant qu’il n’y ait pas plus d’études sur le sujet des préférences sexuelles chez les animaux qui auraient montré, ou non, l’existence d’une indifférence au sexe ou à la reproduction. Parce que quand je consulte l’article de Wikipedia sur l’homosexualité, il est précisé dès la troisième phrase de l’article que des comportements homosexuels ont été observé dans le règne animal. Je ne peux qu’en déduire que l’asexualité étant si peu visible, ceux qui observent les animaux ne la cherchent simplement pas. Et je dis visible dans les deux sens du mot. Premièrement, que c’est beaucoup plus facile d’observer ce qui se passe (deux animaux mâles, ou femelles, qui ont des comportements sexuels) que ce qui ne se passe pas (un animal qui ne fait rien, jamais, avec quiconque). Deuxièmement, que les observateurs ne sont peut-être pas informés de l’existence de l’asexualité.

Mais que cherche-t-on à observer ainsi les animaux et leurs comportements sexuels ? A mon avis, la même chose que lorsqu’on cherche une origine génétique aux dits comportements. Il s’agit de normaliser ce comportement en lui donnant une origine naturelle, instinctive. Et par là-même à avoir un argument imparable à opposer à ceux qui disent que ça n’existe pas, ou que si ça existe, c’est une perversité. Au-delà du fait que je trouve dommage que l’humanité en soit encore là, et si je reconnais le poids qu’auraient ces arguments, je pense que l’on se trompe de sujet. L’asexualité, tout comme toutes les autres orientations sexuelles, existe et est normale du simple fait qu’il se trouve des humains pour s’y reconnaître, sans porter aucun préjudice à la société. Ce doit être suffisant.

Mais revenons-en au sujet de l’asexualité chez les animaux. En fait, je ne sais pas si ça existe ou pas, et je n’ai pas non plus de croyance là-dessus. Cependant, je trouve la question intéressante, parce que je me souviens que pendant mes études, un professeur assurait que les trois besoins primaires des animaux étaient l’air, la nourriture, et les rapports sexuels censés assurer la pérennité de l’espèce. Et que d’ailleurs, l’instinct sexuel était si fort que si on isolait un chimpanzé en le privant de nourriture, puis qu’on le mettait en présence d’un repas et d’une femelle, il préférait avoir des rapports sexuels plutôt que de satisfaire sa faim. Et voilà qui démontrerait l’universalité de l’instinct sexuel chez les animaux. Sauf que, est-ce vrai ? Est-ce que si on répète l’expérience avec un nombre d’animaux suffisamment élevé, les résultats seraient les mêmes ? Ou alors, revenons-en à nos moutons, certains d’entre eux, en petite proportion, ne seraient pas intéressés et préféreraient enfin se sustenter.

Ce qui m’a amené à me pencher sur l’instinct sexuel. Je ne change pas de source, l’article Wikipedia de l’instinct a tout un chapitre intitulé Méthode neuroscientifique et instinct sexuel, qui conclue que chez les mammifères non-primates, « il existe dans l’organisation neurobiologique innée de l’organisme, un véritable comportement de reproduction hétérosexuel ». Celui-ci serait tempéré chez les primates. Donc si comme le suggère l’article, l’instinct sexuel est un ensemble de circuits neuronaux de réflexes et de zones érogènes visant à faciliter et à promouvoir les comportements reproductifs, cet instinct ne dit rien sur la réalité des comportements sexuels chez les animaux. Je parcourais des forums internet sur les animaux domestiques en préparation de cet article, et je suis tombée sur plusieurs récits de personnes s’étonnant que même en période de chaleurs, certains animaux refusent de s’accoupler. Soit que la femelle ait un comportement si agressif que le mâle ne puisse pas l’approcher, soit que le mâle ne se montre pas intéressé.

Tout ça pour dire quoi en fait ? Déjà, que la question de l’asexualité chez les animaux n’a fait l’objet d’aucune étude, donc qu’il est impossible d’apporter une réponse à la question. Et entendons-nous bien, je n’en demande pas ! Laissons les animaux vivre et avoir les comportements qu’ils veulent. Ensuite, que l’instinct sexuel que tout le monde admet habituellement comme une évidence, s’il existe, ne dit rien sur le comportement ou l’orientation sexuels, chez les hommes comme chez les animaux. Donc il serait mieux d’arrêter d’y faire référence pour juger qu’être indifférent au sexe est anormal. Enfin, la part de culture chez les humains est si importante que quand bien même il serait prouvé que définitivement, l’asexualité n’existe pas chez les autres espèces, ça ne dirait rien rien sur les humains.

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